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 Yukio Mishima, un génie fulgurant

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ruichan



Messages : 2419
Date d'inscription : 03/08/2011

MessageSujet: Yukio Mishima, un génie fulgurant   Dim 14 Aoû 2011 - 6:53

Bonjour,

Aujourd'hui je souhaiterais vous faire découvrir (ou si vous le connaissez partager autour de lui) un auteur japonais que je n'ai finalement pas beaucoup lu mais qui à chaque fois m'a conquise.

ruichan a écrit:
Biographie :


Né le 14 janvier 1925 et mort le 25 novembre 1970, Yukio Mishima (de son vrai nom Kimitake Hiraoka) est un des écrivains majeurs du Japon.
C'est sa mère qui lui transmet le goût de la littérature et du théâtre. Adolescent, il lit des écrivains occidentaux et des classiques japonais. Son père méprise cette passion "efféminée" pour la littérature et l'écriture.
Son premier roman paraît en 1944, mais seulement à quelques exemplaires puisque le Japon connaît une pénurie de papier pendant la guerre.
Convoqué par l'armée japonaise, Mishima prétend avoir la tuberculose. Il est content d'échapper au front mais développera plus tard de la culpabilité.

Après la guerre, Mishima fréquente le groupe de la revue Littérature Moderne mais ne se sent pas en phase avec le Japon d’après-guerre. En 1946, il commence son premier roman Tōzoku qu'il publie en 1948. Il est suivi de Confessions d'un masque (Kamen no Kokuhaku) une œuvre autobiographique sur un jeune garçon devant cacher ses désirs homosexuels. Ce dernier rend célèbre Mishima qui n'a alors que 24 ans.

Il commence alors une brillante et prolifique carrière d'auteur. On peut citer ses romans Amours interdites (1951), paru l'année de son premier voyage en Occident, Le Tumulte des flots (1954), Le Pavillon d'or (1956) ou Après le banquet (1960). Il écrit également des récits populaires pour s’assurer le confort matériel, des pièces de théâtre kabuki pour la compagnie théâtrale Bungaku-za ainsi que des recueils de nouvelles et des essais littéraires.

Il rédige de 1965 jusqu’à sa mort en 1970 l'œuvre qu’il considérera comme la plus importante, un cycle de quatre romans intitulé La Mer de la fertilité (Neige de printemps, Chevaux échappés, Le Temple de l'aube, L'Ange en décomposition).

Encore aujourd'hui, ses oeuvres sont parmi les plus traduites du Japon, et il est clairement devenu un auteur incontournable.

Côté lecture, eh bien en fait je l'ai découvert via le théâtre. Et comprenez par là une représentation en live :

ruichan a écrit:
Madame de Sade (1965) de Yukio Mishima chez Gallimard


Alors que le Marquis Donatien de Sade est arrêté pour atteintes aux moeurs, nous suivons les conséquences de ce scandale sur six femmes de son entourage : son épouse Renée, sa belle-mère Madame de Montreuil, sa belle-soeur et maîtresse Anne, la femme de chambre Charlotte, et deux aristocrates, l'une bigote, la Baronne de Simiane, et la très controversée Comtesse de Saint-Fond...

À la fois drôle et osée, cette pièce offre une vision originale de la vie du Marquis de Sade. Si ce dernier n'apparaît pas une seule fois, il est bien évidemment au coeur de toutes les répliques. Encensé par sa femme, sa belle-soeur et Madame de Saint-Fond, il choque Madame de Simiane et s'attire toujours plus les foudres de sa belle-mère, qui ne comprend ce que ses filles voient en lui.

Quelques mots sur la mise en scène de Jacques Vincey : (2008-2010)


Sur le plan visuel, de très bonnes choses : les robes ont été repensées, le jupon étant figuré par des carcasses au symbolisme changeant au fil de la pièce. Celle de madame de Saint-Fond par exemple est ouverte, pour figurer sa légèreté morale, et elle en joue d'ailleurs beaucoup. Celle de Madame de Merteuil est au contraire plus anguleuse, pour montrer sa rigidité, et elle devient cage à un certain stade de la pièce.
À l'oreille, de très bons passages chantés, qui surprennent au début mais se mêlent bien à l'ensemble, offrant des sortes d'entractes. On y voit d'ailleurs les acteurs enfiler leurs perruques et carcans derrière un panneau translucide. D'autres effets sonores ne sont pas sans rappeler le théâtre nô, auquel Mishima s'est intéressé.
Le casting est fort réussi, avec l'étonnant choix d'un homme très grand et fort (Alain Catillaz) pour jouer Charlotte, la femme de chambre (on comprend ceci dit à un moment de la pièce pourquoi il a besoin d'être si fort...). Il vient mêler sa belle voix de baryton aux sopranos de ses collègues, ce qui est fort agréable.

Dans l'ensemble, une bonne représentation (malgré les erreurs assez fréquentes au niveau du texte, de la part de tous les acteurs... Mais c'était la dernière représentation après une semaine chargée, il s'agissait sûrement de fatigue...)

Informations :

Adaptation française : André Pierre de Mandiargues
Mise en scène : Jacques Vincey
Costumes : Claire Risterucci
Maquillage, perruques : Cécile Kretschmar
Carcassiers : Alicia Maistre, Sioux

Durée : 2h15 environ (pas d'entracte)

Casting :

Hélène Alexandridis : Renée
Alain Catillaz : Charlotte
Marilù Marini : Madame de Montreuil
Isabelle Mazin : Baronne de Simiane
Myrto Procopiou : Anne
Anne Sée : Comtesse de Saint-Fond

Quelques images :


Je me suis ensuite penchée sur quelques nouvelles isolées :

ruichan a écrit:


Dojoji et autres nouvelles (1966) de Yukio Mishima (Folio)

"Dojoji" : Une étrange armoire mise aux enchères est aussi grande qu'une pièce et cache de nombreux secrets...
"Les Sept ponts" : Quatre femmes du quartier des plaisirs se lancent dans une expédition rituelle et silencieuse pour réaliser leurs voeux en franchissant sept pont...
"Patriotisme" : Le suicide rituel d'un couple acculé...
"La Perle" : Ou comment une petite chose anodine peut chambouler des amitiés...

Je continue ma découverte de l'oeuvre de Yukio Mishima avec ces nouvelles et franchement je comprends qu'il soit tant plébiscité. Avec 4 thèmes assez différents, on a un beau florilège de ce qu'il peut faire et dans les 4 cas, la lecture est agréable et même si parfois il décrit des choses peu avenantes, il le fait bien et on se laisse porter par son style. Bref c'est beau et ce petit livre se dévore très vite. Il est par ailleurs une excellente façon de découvrir l'auteur. On a en effet "Dojoji" une courte pièce proche de l'absurde, "Les Sept Ponts" sur le thème des superstitions et des geisha, "Patriotisme", une description d'un seppuku qui permet de plonger au coeur de ce rituel si japonais, et enfin "La Perle" qui se concentre plus sur le quotidien.

ruichan a écrit:


Papillon de Yukio Mishima chez Folio

Lors du dernier récital de la cantatrice Tamaki Miura, Kiyohara se souvient d'un même récital 20 ans plus tôt et de sa rencontre avec la jeune Hanako...

Suivi de "La Lionne"

Adaptée de Médée d'Euripide, cette nouvelle se concentre sur la trahison d'un homme envers son épouse et la manière de celle-ci de faire face et se venger...

"Papillon" m'a laissée un peu perplexe et je l'ai trouvé un peu décevant par rapport à ce que j'ai lu d'autre de Mishima. "La Lionne" en revanche - seconde nouvelle qui occupe la plus grande partie du livre en fait - est très intéressant à lire et monte en puissance au fil des pages.

Prochainement, j'ai l'intention de me pencher sur ses romans et notamment la Mer de la Fertilité, dont je nai lu et entendu que du bien. J'en reparlerai sans doute ici. ^^

Et vous, vous connaissez cet auteur ?

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Secrétaire et Responsable pédagogique de Wa-Futsu, animatrice d'ateliers divers, polyglotte schizophrène, Dieu(aka Kami-sama).
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